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Nous demandons le droit d’habiter, d’avoir des revenus et de mettre nos enfants à l’école.

Ilié Enache, Rom de Roumanie, a pris la parole au Conseil Municipal de St-Etienne du 4 septembre 2006.

mardi 5 septembre 2006 - Ilié Enache Aron

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Ilié Enache au Conseil municipal du 4 septembre 2006 ©Freddy Gioia

Bonjour Monsieur le Maire et tout le monde.

Monsieur le Maire, voila notre problème.

Chaque personne à droit de vivre dignement avec un logement, un travail, et de pouvoir éduquer ses enfants.
Nous sommes persécutés dans notre pays parce que nous sommes des Roms ! Nous n’avons pas de logements, nous ne pouvons pas travailler et nous ne pouvons pas scolariser nos enfants.
Ici nous sommes considérés comme des touristes, mais en réalité nous sommes des réfugiés.
Nous demandons le droit d’habiter, d’avoir des revenus et de mettre nos enfants à l’école.
Nous avons été expulsés avec cinq minutes pour prendre nos affaires. Nous sommes maintenant rue Béraud et nous demandons à pouvoir avoir un logement. Nous pensons que c’est possible.
Beaucoup d’entre nous sont malades et avec cette expulsion comment faire pour les traitements ?

Nous nous considérons comme européens et nous voulons vivre dignement en Europe.

Merci de m’avoir écouté.

Ilié ENACHE ARON

La dénonciation des actes indignes et l’organisation de la solidarité ont fait bouger les choses.

Ce qui s’est passé au conseil municipal de Saint Etienne ce 4 septembre est assez exceptionnel. Que le maire ait été conduit à accepter qu’un représentant des familles Roms (voir ci dessus) prenne la parole lors du conseil municipal, alors qu’il avait expulsé ces familles et écrasé leurs caravanes et cabanes à coups de pelleteuse un mois et demi plus tôt, montre que la dénonciation de cet acte, et la solidarité qui s’est organisée, ont porté un coup important à ces méthodes inhumaines et indignes.
L’image d’une ville généreuse et solidaire que veux donner le Maire de St Etienne dans ses discours, éditos et nombreuses publicités, a été sérieusement ternie. Aussi tous les efforts du maire visaient à faire oublier cette expulsion du 25 juillet. La plainte que les familles vont déposer avec le DAL national, contre la destruction de leurs biens, inquiète aussi la municipalité. Lors du débat qui a suivi l’intervention d’Ilié, plusieurs élus ont demandé que ces familles soient traitées dignement, et que l’on travaille à dégager des solutions notamment en ce qui concerne le logement. C’était la première fois pour certains qu’ils exprimaient publiquement un avis sur la situation de ces familles. Là aussi on peut penser que l’organisation de la solidarité n’y est pas pour rien. Dans sa réponse le maire a dû, malgré un certain dépit, accepter d’entre ouvrir quelques portes et proposer qu’un processus de travail sur des solutions s’enclenche : « Les seules solutions c’est par le moyen du dialogue. De se mettre autour d’une table avec tout ceux qui peuvent trouver une solution. » C’est ce que le réseau de solidarité demande depuis un an et demi et qui était refusé. Devant ce blocage nous avons d’ailleurs mis en place nous même un groupe de travail « Logement et conditions de vie des familles », groupe ouvert à toutes celles et ceux qui voudraient apporter leurs contributions (militants d’associations, syndicalistes, travailleurs sociaux, élus, etc...)

Le maire voit deux pistes possibles :
- La scolarisation des enfants : « Les écoles de la ville sont ouvertes à tous les enfants de la ville qui veulent être scolarisés. Bien sûr il y a des règles (...) »
- L’hébergement : « On ne peut pas parler de logement mais d’hébergement. Il y a des structures qui permettent des hébergements d’urgences (...) » Et il a conclu : « Dans les jours prochains avec l’aide des associations concernées, nous pourrons trouver quelques autres chemins. ». Il a chargé deux élus d’y travailler.

L’action de dénonciation et de solidarité a donc permis de poser le problème des droits des familles Roms très publiquement, et de faire un peu bouger des choses. Plus personne ne peut continuer d’ignorer le problème. Oui la société civile peut acquérir de la puissance, quand elle s’organise pour commencer à construire des solutions, sur la base de valeurs humaines. Il faut maintenant obtenir que ce processus de travail proposé par le maire avance réellement. Pour cela il va falloir amplifier la force d’intervention du réseau de solidarité, dans lequel les familles Roms doivent jouer un rôle plus important.

Georges Günther
Responsable du DAL Loire Sud

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