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Témoignages des familles Roms expulsées du terrain du Clapier à Saint Etienne.

mardi 8 août 2006 -

Nous publions ci-dessous, des témoignages des familles Roms expulsées le matin du 25 juillet du terrain situé derrière la gare du Clapier à Saint Etienne. Expulsées sans aucune solution de relogement. Ils ont été écrits par les Roms eux même, d’abord en roumain, puis traduit ensuite en français.

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après l’ expulsion de la place du Clapier, Ion Constantin trouve refuge sur des cartons. ©mpvincent

Ils parlent de la violence de l’expulsion, du choc qu’elles ont subi, des biens qu’elles ont perdus, de l’humiliation subie. Les Roms y parlent aussi des raisons qui les poussent à fuir la Roumanie, de leurs espoirs de pouvoir construire ou reconstruire une vie digne avec leurs familles, de leurs projets.

Ces paroles recueillies à peine quelques jours après les faits sont l’expression subjective de personnes qui ont vécu un cauchemar. Ce qu’il faut retenir c’est avant tout la force de l’émotion et le sentiment d’impuissance face à la violence subie jusqu’au fond de l’être.

Ce n’est pas l’exactitude de l’énumération qui est le plus important. On pourra remarquer d’ailleurs que les chiffrages présentés paraissent plutôt dérisoires, venant de personnes qui n’ont cessé de perdre périodiquement, en Roumanie puis en France, le peu qu’ils ont réussi à réunir pour survivre.

Objectivement, aucune des déclarations concernant les pertes subies n’est vérifiable, puisque toutes les traces sont parties en miettes et en fumée. Il reste qu’il serait profondément injuste de noyer l’évaluation du préjudice dans des considérations morales et compassion-nelles. La ruine matérielle est évidente et nous devrons faire tout ce qui est possible, à l’appui d’une éventuelle plainte en justice, pour affiner et réunir tous les éléments concrets qui peuvent être portés au dossier.

Jean Chabannes.

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rédaction des textes-témoignages-©mpvincent

Ilie ENACHE ARON

J’ai 29 ans. Ma famille est ici en France et j’ai un enfant de cinq ans. Au cours du mois de juin il y a eu plusieurs inondations en Roumanie et moi, j’habitais dans une petite maison ancienne, jusqu’à ce que l’inondation la fasse écrouler, et alors je suis resté sans rien du tout. C’est pourquoi je suis venu en France, pour faire quelques économies pour reconstruire ma vie et ma maison en Roumanie. Je suis arrivé en France le 3 Juillet 2006 et jusqu’au 25 juillet j’ai habité sous une tente ; avant cette date, j’ai construit une petite maison et pour ça j’ai travaillé deux jours avec ma famille, en pleine canicule.
Le matin du 25 juillet, vers les 6h- 6h 30, je me suis levé, car dehors il y avait un grand bruit devant ma porte et dans tout le quartier. On a frappé à ma porte : “ouvrez la porte, c’est la police”. J’étais angoissé, toute ma famille aussi, quand nous avons vu tous ces policiers. Devant ma porte, il y avait trois policiers, et à 20 mètres à peu près, une rangée de policiers pour bloquer la sortie. Ceux qui étaient devant ma porte m’ont dit de me préparer et de quitter ce lieu. Ils m’ont demandé mes papiers. Je prends immédiatement quelques vêtements pour nous et les papiers, et je suis parti. J’ai laissé tout ce que j’avais, tandis que la police me disait “dépêchez-vous, allez...”
J’ai laissé mon travail de deux jours (ma maison), les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de cuisine. La police, avec une tractopelle a détruit en une minute tout ce travail de deux jours avec ma famille, sous la canicule, tandis que mon enfant ne pouvait pas manger parce que je n’avais pas le temps de m’occuper de lui : je travaillais pour finir vite la maison.
Et maintenant, je reste sans maison (ni en Roumanie, ni en France), à cause de la force de l’autorité publique.
Nous avons été traités comme des animaux.
52 personnes, des familles, des enfants en bas âge, des personnes handicapées : nous avons tous été forcés de quitter la place dans les cinq minutes, entourés d’un nombre impressionnant de policiers, de voitures, comme des malfaiteurs. Pourtant, c’était possible de nous traiter humainement : nous ne sommes pas des animaux. C’est inadmissible dans un pays civilisé comme la France de n’avoir que cinq minutes pour s’habiller, prendre tout ce qu’on peut et quitter le lieu où l’on habite.
Je suis venu ici pour tenter de reconstruire ma vie, parce que là-bas il y a beaucoup de pauvreté, de chômage et je n’avais aucune chance de refaire ma vie.
Mardi matin, nous nous sommes installés devant la Mairie jusqu’à 20-21h, puis nous sommes allés sur la place Jean-Jaurès, dans le kiosque à musique où nous sommes restés deux nuits et trois jours, sans eau, sans sanitaire (seuls la Croix Rouge et des amis français nous ont apporté un peu de nourriture et des bouteilles d’eau), sous la canicule, jusqu’à jeudi soir,où nous avons décidé avec plusieurs associations, d’occuper le local d’EDF, parce qu’il était libre, où nous sommes jusqu’au moment présent.
La police est revenue immédiatement, sous le motif d’un contrôle d’identité, mais nos amis français ne les ont pas laissés entrer, en disant que ce sont les mêmes personnes qui ont déjà été identifiées au Clapier. Ils ont proposé de donner leurs propres identités. Et finalement, les forces de l’ordre sont reparties.
Nous voulons témoigner de notre expulsion, de ce qui s’est passé sur la “place du Clapier”. Nous sommes de nombreuses familles, des enfants en bas âge, des personnes handicapées, avec des papiers en règle, qui ont besoin d’un lieu stable, sans expulsion, sans la police : nous avons droit à un minimum pour vivre, comme chaque humain : nous vivons dans une société démocratique, et nous avons des droits comme tous les hommes : si nous n’avons de droits ni en Roumanie, ni en France parce que nous sommes tziganes, “alors où ?”.

Marian DUMITRU

J’ai 43 ans. Je suis malade du diabète, je suis venu en France pour suivre un traitement avec ma femme qui souffre de “tension oscillante”.
En 2001 j’ai demandé l’asile territorial, qui m’a été refusé. Depuis, j’ai obtenu une carte de séjour temporaire pour cause de maladie, mais pas de logement. Pour mettre ma famille à l’abri, j’ai acheté une caravane (650 Euros), dans laquelle j’ai habité jusqu’à ce mardi matin 25 juillet 2006, à 6h30, quand la police est venue frapper à ma porte et m’a donné l’ordre de quitter la caravane dans les cinq minutes.
Pendant les discussions, ma femme est tombée (à cause de sa maladie). Moi aussi, je me suis trouvé mal. Alors les enfants ne savaient pas quoi faire : s’occuper de nous ou des bagages ? Ils étaient inquiets. On a tout laissé sur place : vêtements, appareils électroniques, vaisselle, papiers, médicaments, et on a quitté la caravane avec ma famille (en tout il y en a pour au moins 1200Euros).
Nous sommes allés devant la mairie où nous sommes restés toute la journée, sous la canicule, jusqu’à 20h. Ensuite, nous sommes allés sous le kiosque de la place J. Jaurès, où nous sommes restés deux nuits et trois jours(sans eau, sans sanitaire) jusqu’à jeudi soir 20 h, où nous nous sommes installés dans l’ancien local d’EDF, où nous sommes restés jusqu’à maintenant. Nous avions peur d’une nouvelle expulsion.
Nous voulons que nous soit reconnu un droit minimum à la vie, dans un pays libre où chaque homme a droit à la vie. Nous gardons l’espoir d’obtenir des autorités un logement. Ce n’est pas notre faute si nous sommes nés Tziganes, et si en Europe nous n’avons pas le droit de vivre, alors où pouvons-nous le demander ? Car nous sommes des hommes, et il faut avoir des droits pour vivre.

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Dumitru Marian, trois jours, deux nuits, sous le kiosque à musique de la Place Jean Jaurès.

Petru CONSTANTIN

Je m’appelle Constantin Petru, je suis né le 3/05/ 1959. Le matin du mardi 25 juillet à 6h- 6h30, quelqu’un est venu frapper à ma porte très fort. Ma fille (mineure) dormait avec moi dans la caravane, encore endormie elle est allée ouvrir, et elle m’a dit “papa, la police”. J’étais très inquiet, on avait tapé très fort à la porte et quand j’ai vu la police. Mon diabète est monté jusqu’à 5 gr. (je souffre d’un diabète : Le Dr Rivollier de l’hôpital Bellevue peut en témoigner). En cinq minutes, je suis obligé de m’asseoir dans mon fauteuil roulant et de sortir, laissant mes deux caravanes. J’ai pu prendre une couverture. Par chance, j’avais dormi habillé, mais je n’ai pas pu prendre mes médicaments. J’ai laissé là-bas : les deux caravanes que j’avais achetées pour une valeur de 1400 Euros, avec les papiers, une télé, un frigo, un lecteur de vidéo, un lecteur DVD, une chaîne audio, un radiocassette avec lecteur de CD, tous les vêtements pour se changer, la literie, les couvertures, la vaisselle, la batterie de cuisine, les médica-ments, une bicyclette de sport (pour ma rééducation). Je suis handicapé des deux jambes depuis 9 ans. En Roumanie, j’ai été opéré 4 fois sans résultat. J’ai vendu ma maison pour venir en France suivre un traitement, parce que j’avais entendu parler d’un bon orthopédiste ici. Je n’avais pas d’autre solution que d’acheter ces caravanes et tout ce que j’avais là, je l’ai perdu dans cette expulsion, et maintenant je me retrouve “les mains dans les poches” avec ma famille. Je remercie le médecin qui a réussi, 9 ans après, à me faire toucher le sol avec mes pieds malades, mais je ne remercie pas l’autorité qui nous a traités comme des animaux.
J’attends une nouvelle opération en septembre, puis je me retrouve sur la route, sans maison... “Je vis grâce à la population, en faisant la manche sur les routes”.
Merci.

Daniel COVACI

Je m’appelle Daniel Covaci. Je suis né le 15/06/75 dans la ville de HUNEDOARA. Le matin du 25/07/06 à 6h-6h30, moi et mes petites filles dormions dans la caravane. Nous avons été réveillés par le bruit et les cris des policiers. Ils nous ont enjoint de quitter la place. Moi et mes filles (9 ans et 11 ans) avons pris à la hâte tout ce que nous avons pu, puis je suis monté dans ma voiture avec mes filles. Mais il fallait passer le barrage filtrant des policiers pour la vérification des papiers. En vérifiant mes documents, ils ont pu constater que mon passeport m’avait été retiré depuis deux mois par la police de St Etienne et que je n’avais que le récépissé. On m’a fait descendre de la voiture pour aller au car de police ; je voulais refuser d’y aller sans mes filles, qu’elles ne restent pas seules ; mais on m’a forcé de monter dans le car de police et de laisser mes filles à la garde des amis de St Etienne. Pendant cette journée (le 25/06) j’ai été retenu en garde à vue puis conduit à Satolas pour être expulsé vers la Roumanie. La police a refusé de m’amener mes filles pour qu’on reste ensemble tous les trois. Pendant les deux jours où je suis resté retenu, je n’ai pas pu manger parce que j’étais trop inquiet pour mes filles, qui avaient été recueillies par une amie française. Je remercie Dieu de s’être occupé de mes filles, grâce à cette amie française, jusqu’à ce que je sois libéré.

Marioara CALDARAS

J’ai 43 ans. Moi et mon mari nous sommes cardiaques. Notre situation est très mauvaise en Roumanie, c’est pourquoi nous sommes venus en France, parce que nous avons besoin d’argent pour acheter une maison. Je suis obligé d’acheter une caravane (d’une valeur de 500 Euros) pour loger avec ma famille.
Le matin de 25/07/06 les forces de police sont venues et nous avons été obligés de quitter la caravane. J’ai pris quelques vêtements, nos papiers, et on a laissé là-bas : un lecteur DVD, une télé, des vêtements, de la vaisselle, et bien sûr la caravane (coût total : 950 Euros). Ce serait très bien pour moi de récupérer des dommages et intérêts et un logement pour habiter avec ma famille.

Aurica KOVACS

J’ai 38 ans, je suis roumaine. Je suis venue en France parce que ma situation financière était très mauvaise, sans maison, nous sommes une famille de six personnes avec deux enfants et deux petits-enfants, sans travail, sans rien du tout.
Je suis venu en France parce que je pensais qu’ici je pouvais fonder ma vie, faire des économies pour construire une maison, parce que là-bas, en Roumanie, nous n’avons rien du tout : ni maison, ni table pour manger, ni lieu de travail, et nous sommes traités différemment des autres (parce que nous sommes tziganes). Le matin du 25/07/06, à 6h-6h30, la police est venue en grand équipage, et a frappé à ma porte. Nous nous sommes levés très inquiets, et moi je suis malade du cœur (j’ai fait un infarctus). J’avais cinq minutes pour quitter la place.
Je n’ai pas réussi à prendre tous les objets, ils sont restés sur place : un portable, des vêtements, la vaisselle, de l’argent, des appareils électroniques, la caravane d’une valeur de 500 Euros. Je me suis habillée, j’ai quitté “la place” avec ma famille et nous avons tout laissé derrière nous.
On ne peut pas vivre comme ça dans un pays civilisé.

Petrisor FILIPACHE

Mardi matin, vers 6h30, la police est venue et m’ont forcé à sortir de ma caravane. J’étais inquiet.
J’ai laissé là bas tout ce que j’avais, parce que la police ne m’a rien laissé prendre et m’a fait sortir de force. J’étais menacé. J’ai donc quitté la caravane et la “place”.
Je vous prie de prendre en considération la valeur de ma caravane et de tous les biens que j’ai perdus. (soit un total de 1500 Euros).

Luminita STANCU

Je veux mentionner qu’avant, j’habitais sur la “place du Clapier” avec ma famille qui se compose de sept personnes. Le 25 07 06 vers les 6h du matin, beaucoup d’équipages de police sont venus sur nous et nous ont fait sortir, en nous disant de quitter la place dans les cinq minutes. Maman est malade du coeur, moi des poumons, mon mari des reins, nous n’avons pas eu le temps de faire nos bagages. Pendant ce temps, quand la police nous a fait sortir j’aurais voulu récupérer des affaires et les papiers, mais la police ne m’a pas laissé faire. Je suis partie avec seulement ce que nous avions sur nous, et tout est resté là-bas : le frigo, la plaque électrique, la vaisselle, les appareils électroniques, les couvertures, les tapis, la literie, et bien sûr nos vêtements (pour nous et pour nos enfants), enfin les médicaments. La police ne nous a pas laissés retourner pour les prendre, nous avons été reconduits sous escorte jusqu’à la gare ; et tout est resté là-bas, avec les deux caravanes bien sûr, et une tente. Au total, à peu près 1500 Euros perdus. Cinq minutes plus tard, les caravanes ont été cassées au tractopelle, et je n’ai donc rien pu récupérer.
Après, nous sommes allés devant la mairie jusqu’à 20h, puis sur le kiosque de la place Jean Jaurès, où nous sommes restés trois jours et deux nuits, sans rien pour dormir, sans eau, sous la canicule, tout ce que nous avions a été perdu en cinq minutes : vêtements, objets personnels, argent (970 Euros), médicaments.

Gina NICOI

Je suis Roumaine.
Le mardi matin, vers 6h 30, les forces de police sont venues et nous ont obligés à sortir de la caravane. Nous étions inquiets. J’ai laissé toutes mes affaires dans la caravane.
Alors j’ai dit “laissez-moi récupérer quelque chose”, mais la police était énervée, ils m’ont fait sortir de force. Sur cette menace j’ai laissé tout sur place. Je vous prie de prendre en considération ma requête : je veux qu’on me donne de l’argent pour la caravane et pour tous les objets que j’avais perdus, pour une valeur de 1000 Euros.

Ioan URSU

J’ai 28 ans. Je suis parti de Roumanie parce que ma maison a été détruite après une inondation, je suis orphelin. Je suis venu en France pour faire quelque chose pour reconstruire ma petite ferme. J’avais construit une petite cabane ici, pour dormir avec ma femme, jusqu’à pouvoir faire des économies pour retourner en Roumanie.
Le matin du 25 Juillet 2006, vers 6h- 6h30, j’ai été réveillé par des coups à la porte et dehors plein de policiers. On m’a dit de quitter l’endroit dans les cinq minutes, parce que nous ne pouvions pas rester là-bas. J’ai pris en vitesse quelques vêtements et les papiers et je suis parti. J’ai laissé derrière moi : les appareils électroniques, les vêtements, 200 Euros que n’ai pas eu le droit de retourner chercher. Je suis allé devant la préfecture, où j’ai dormi sur le sol trois nuits, sans eau, sans sanitaires, et moi, je suis tombé malade des reins, jusqu’à jeudi soir, quand nous nous sommes installés dans l’ancien local d’EDF, où nous sommes restés jusqu’au moment présent.

Ion CONSTANTIN

Né le 15 Aôut 1948.
Le 25/07/06 à 6h 30 la police nous a fait sortir de la caravane et ensuite a cassé les objets suivants : une chaîne que j’avais achetée 150 Euros et la caravane. Je suis malade des poumons, on peut le vérifier à l’hôpital.
J’ai demandé aux supérieurs de récupérer l’argent que j’avais.
Je vous prie de bien vouloir le prendre en considération.

Ion DRAGAN

Le 25/07/06 on m’a fait sortir sur la place du Clapier le matin à 5h40 et je n’ai pas pu prendre mes affaires, parce que la police ne m’a pas laissé faire.
Je souffre de paralysie du côté droit et je ne peux pas utiliser mon bras.
Quand la police m’a fait sortir, j’ai perdu tout : mes vêtements, mes médicaments et tout ce que j’avais.
Quand je suis parti de là, j’ai dormi devant la préfecture sur le sol parce que je n’avais rien et tout ce que j’avais est resté là-bas et ma petite maison que j’avais faite a été cassée.

Ion VASILE

On était ensemble avec mon amie le 25 juillet à 5h40. Nous nous sommes levés, avec la police sur nous dans la caravane, ils nous ont fait lever, ils nous ont dit de quitter la place dans les cinq minutes.
Je suis malade du diabète et j’ai de la tension. Et j’avais demandé à la police de prendre mes médicaments, mais ils ne m’ont pas laissé faire. Avec mon amie j’ai quitté la place, sous l’escorte de la police, jusqu’à la gare du Clapier. Je suis parti avec seulement ce que j’avais sur le dos. Nous avons laissé là-bas toutes nos affaires : téléviseurs, frigo, chaîne, DVD, vaisselle, literie, médicaments, la caravane, la tente et de l’argent. Je voulais retourner pour récupérer quelque chose, mais la police ne m’a pas laissé et le bulldozer a cassé la caravane et tous nos objets. Nous avons dormi devant la préfecture, par terre. Je suis malade et cela a aggravé mon état. Trois jours, nous sommes restés sans vêtements de rechange, sans argent et sans médicaments.

Ionut PAUNESCU

Le 25 juillet 2006, vers 6h-6h 30, on m’a ordonné de sortir de la caravane et de quitter l’endroit où j’habitais depuis quelque temps. J’ai pu prendre mes papiers, et quelques vêtements de rechange et toutes mes affaires sont restées dans la caravane. J’ai été obligé de passer le filtre de la police, pour vérifier les papiers. _ Ensuite j’ai été conduit jusqu’à la gare.

Mihaela MUNTEANU

J’ai 22 ans et je suis avec ma famille, mon mari et un bébé de 9 mois né en France, à St Etienne. Je suis partie de Roumanie parce que je suis pauvre, sans maison, parce que je suis tzigane, et il n’y a pas de solution pour vivre. Depuis un an je suis en France et j’ai pensé que j’étais en situation de refonder ma vie.
Le matin du 25/07/06 la police est venue à ma porte a frappé très fort, disant de quitter l’endroit. Nous nous sommes habillés, nous avons pris quelques boîtes de lait et des couches pour le petit, et les papiers. J’habitais dans la caravane d’un Français que j’avais récupérée. Mon fils était inquiet, parce qu’il est petit, et nous aussi. _ Nous sommes partis devant la préfecture où nous avons dormi à même le sol, deux nuits et trois jours, sous la canicule, sans eau, sans sanitaires, sans rien, comme des animaux.

Cocoana NOVACOVICI

Je suis Roumaine et j’ai 21 ans. Je suis avec mon mari en France depuis quelque temps et on a réussi à se faire une situation et peu à peu à pouvoir vivre tranquilles jusqu’au mardi matin 25/07/2006.
Ce matin-là, la police a frappé à ma porte avec les pieds pour nous faire lever, et quitter la place. Je suis malade du coeur. Quand j’ai entendu les coups à ma porte, j’étais très inquiète. Je n’ai rien pu prendre, sauf ce que j’avais sur moi, parce qu’ils me poussaient hors de la caravane, et ils ne m’ont rien laissé prendre, seulement nos papiers.
J’ai laissé là-bas : la TV, le DVD, le portable SAMSUNG, le four à micro-ondes, le radio-cassette, la chaîne hifi, la cuisinière à butane, de la vaisselle, des vêtements, la literie et bien sûr la caravane qu’on avait achetée pour un prix de 800 Euros, avec les papiers de la caravane. Nous avons tout laissé et nous sommes partis.
Nous étions venus en France pour refonder notre vie, et ici on nous a traité comme des animaux, chassé d’un endroit à l’autre.

Speranza CASLAROVA

J’ai 27 ans. Je suis avec ma famille ici en France parce que je n’ai pas de maison, pas de travail, parce que nous sommes tziganes. J’ai pensé que je pouvais faire quelque chose pour notre vie. Le matin du 25 juillet la police est venue et a frappé à ma porte : vite, nous lever et quitter la place, en 5 minutes. Nous nous sommes habillés en vitesse, j’ai pris mes papiers et après je suis partie sans rien pouvoir prendre. J’ai laissé là-bas : une caravane, quelques objets, de la vaisselle, une voiture Renault Express : le tout pour une valeur de 2500 Euros. Nous avons laissé tout sur place, nous avions 5 mn pour partir. Nous vivons dans un pays civilisé, il faut nous traiter comme des humains, pas comme des animaux. Ensuite ils ont tout détruit et je n’ai rien pu récupérer : ils sont entrés avec des bulldozers.

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