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COLLECTIF “QUE PERSONNE NE DORME À LA RUE” Nous refusons d’accepter qu’un seul être humain qui demande un toit soit laissé à la rue

mercredi 3 février 2010 - Yves Scanu

Le collectif que personne ne dorme à la rue rassemble associations, syndicats et aussi de simples individus. Nous refusons d’accepter qu’un seul être humain qui demande un toit soit laissé à la rue. D’ailleurs qui imagine que dans notre pays qui fait partie des plus riches de la planète cela puisse être possible ?
C’est pourtant une triste réalité. Le collectif qui s’est constitué au printemps dernier a dès cette époque alerté les pouvoirs publics sur cette catastrophique situation du logement et de l’hébergement d’urgence. Nous dénombrions alors près de 40 personnes sans toit. Nous avons tenté de rencontrer le préfet qui a toujours refusé de nous recevoir. Nous avons multiplié les démarches auprès des élus, des bailleurs sociaux et des gestionnaires de centres d’hébergement qui ont permis une plus grande sensibilisation ... malheureusement sans avancée visible à ce jour.
À diverses reprises, par voie de presse nous avons mis sur la place publique cette dramatique situation du logement. Nous avons ainsi pu par à-coups faire que telle ou telle famille obtienne une solution d’hébergement.
Cet hiver, la situation s’est aggravée. Le nombre de sans-abri a atteint plus de 100 personnes dont bien évidemment de nombreux enfants. Dans leur grande majorité, ces personnes sont des demandeurs d’asile, rappelons que l’Etat a de par la loi l’obligation de les loger.
La seule arme du collectif a été la médiatisation. À chaque fois, c’est l’intransigeance de la préfecture qui fait barrage. Un des exemples les plus marquants s’est déroulé le 30 décembre. Sous la pression, le préfet avait fini par réquisitionner un gymnase dans le quartier de la Rivière. Les 67 lits de camp ont été rapidement occupés. Ce 30 décembre, nous sommes alertés par une famille qui se retrouve sans hébergement. Nous décidons de l’accompagner au gymnase pour qu’elle soit accueillie et hébergée. Une quinzaine de militants viendront soutenir cette demande, longues palabres avec le responsable de la structure d’accueil, appels téléphoniques répétés à la préfecture, etc. Agacés par notre présence, le cadre de permanences (responsable du gymnase) fait appel aux forces de l’ordre. Ils sont aussi effarés que nous en voyant cette femme et ses enfants à la porte du gymnase interdits d’y entrer. Ils feront déplacer l’officier de garde qui après un long échange téléphonique avec sa hiérarchie vient nous annoncer victorieux : « ça y est je les ai convaincus reste plus que le préfet ». Malheureusement avec ce dernier il ne trouvera pas les bons arguments. C’est grâce à l’engagement militant que cette famille sera hébergée. La FCPE propose ses locaux, le comité Roms des matelas et des couvertures et quelques militants s’occuperont de l’installation. Par contre, quelques jours plus tard le maire de Saint-Étienne interpellé publiquement devant 300 personnes a su trouver les arguments pour qu’un hébergement soit trouvé pour deux familles.
Et puis pas plus tard qu’il y a deux ou trois jours, nous apprenons qu’une famille de trois enfants sortis de l’hôpital (après trois jours d’hospitalisation) se retrouve sans logement alors qu’il fait -2° dehors. Le 115 alerté semble désespéré d’autant plus qu’ils connaissent bien cette famille et la situation dans laquelle elle se trouve mais n’ont rien à proposer. Nous contactons les services préfectoraux, hurlons l’urgence sanitaire, la mise en danger d’enfants et ce n’est qu’après plus de 2 heures de démarches que la famille finira au chaud dans le hall d’un foyer d’accueil.
Sur un autre plan, le collectif a décidé d’interpeller un grand nombre de maires des villes environnantes proches de Saint-Étienne pour qu’ils proposent des solutions d’hébergement pour toutes ces familles.
Et tous les soirs, il est plus que probable que des familles sont encore contraintes de dormir à la rue. Le plus dramatique et le plus scandaleux c’est que les services de l’État sont parfaitement au fait de la situation de chacune de ces familles et semblent inconscients des risques qu’ils leur font courir. Si un drame survient c’est du côté de la préfecture qu’il faudra chercher les responsables.

Yves Scanu

Article également publié sur le site des réseaux citoyens de St Etienne

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