[Portail pour l’accès aux droits sociaux]

Nouvelle rencontre du collectif associatif "Pour que personne ne dorme à la rue"

samedi 11 juillet 2009 -

Le collectif d’associations et de réseaux, constitué à l’initiative de RESF42 sur l’hébergement et le logement d’urgence, poursuit son travail. Voici ci dessous le compte rendu de la rencontre du 25 juin 2009.

« Pour que personne ne dorme à la rue »
Compte rendu de la rencontre du 25 juin 2009

25 personnes présentes.

Nous avons fait le point de ce que nous avions engagé lors de notre première rencontre, et poursuivi le débat avec de nouveaux participants.

Lors de la rencontre précédente nous avions prévu :
-   Une conférence de presse qui a eu lieu le 10 juin dernier avec un bon écho dans le Progrès et sur France 3 (le texte de cette conférence de presse est disponible pour celles et ceux qui ne l’ont pas reçu).
-   De rencontrer plusieurs associations, syndicats notamment de travailleurs sociaux, organismes HLM, foyers, groupes d’élus.
Actuellement nous avons un rendez vous avec les responsables du foyer ARALIS, et le président de Métropole Habitat.
-   De mettre en place un réseau souple de réquisition citoyenne pour faire face à l’urgence.
-   D’organiser différentes initiatives publiques : rassemblement, manifestation…

De nouvelles informations sur la situation :
Lucien Barré de la LDH informe que la LDH de Roanne interpelle le préfet sur la destruction prévue du foyer ADOMA à Roanne. La raison avancée pour cette destruction : trop cher. Il y a 40 places d’hébergement. Ces personnes vont se retrouver sur St Etienne. Il s’agit d’un foyer ex Sonacotra conçu dans les années 60 pour les travailleurs migrants, aujourd’hui ausi occupé par d’autres publics. Cette démolition est programmée pour septembre, et il y a encore du monde actuellement dans les logements... Pour tous les gens qui relèvent du logement HLM, la mairie pourra proposer une solution, car il y a des logements vacants à Roanne Habitat. Pour les autres, ceux qui relèvent de l’hébergement d’urgence, on ne sait pas.
Lucien va suivre l’évolution de ce problème.

Michel Rachet donne le coût annuel sur le département des 295 chambres d’hôtel payées par la DDAS (Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale) pour les demandeurs d’asile : 1 300 000 € ! 1 300 000 € pour un hébergement complètement inadapté : par exemple il n’y a pas de possibilité pour cuisiner, le mode de vie de certaines personnes n’est pas adapté à l’hôtel. Cet argent est versé à des hôteliers intéressés financièrement. Dans certains cas, au vu de l’état de l’hôtel et de la qualité d’accueil, on peut presque parler de marchands de sommeil financés avec de l’argent public. Cette énorme dépense pourrait être utilisée à bien meilleur escient en finançant, par exemple, la location de logements existants ou/et la remise en route d’autres dans des immeubles vacants, des places en CHRS ou en CADA.
Si la préfecture avec la DDASS reste sur ce système coûteux, c’est dans le but de laisser les demandeurs d’asile dans la situation la plus précaire possible, pour éviter qu’ils « s’installent ». Du côté des institutions (préfecture, DDASS…) il existe une obsession de l’appel d’air : si nous accueillons correctement les personnes qui arrivent (demandeurs d’asile, rroms,...) ils vont arriver en masse.
Les personnes qui sont hébergées en hôtel ne bénéficient d’aucun accompagnement social, sauf s’ils font la démarche d’en demander un.

Précisions sur le 115 :
Les places ouvertes au 115 sont financées par la DDASS.
Les postes du 115 sont aussi financés par la DDASS et les personnes sont embauchées par Renaître qui gère le 115. Si les contrats sont en grosse majorité en CDI, leur financement dépend donc des orientations politiques. Les pouvoirs publics peuvent décider à tout moment de changer leurs attributions, de ne pas reconduire telle ou telle mission de la veille sociale, etc. Certains postes voient leurs financements revus chaque année, d’autres tout les trois mois. Et à chaque fois, c’est à l’association de fournir les statistiques et les arguments pour que les financements soient reconduits, sans garantie. Cela crée une importante précarité chez les salariés de Renaître. Il y a 73 équivalents temps plein à Renaître et pas de Délégué du personnel.
A St Etienne, pendant la période hivernale, du 1er novembre au 31 mars, le 115 répond à toute demande de mise à l’abri sauf pour les rroms de Roumanie. Hors période hivernale les personnes sans papiers n’ont pas accès au 115. C’est pourtant un accueil inconditionnel d’après la loi.
Beaucoup de demandeurs d’asile en instance sont à la rue. Il y a un manque de places, mais il s’agit, là aussi, de la volonté de leur rendre la situation difficile toujours par peur de l’appel d’air.
D’après les informations de la PADA (Plate forme d’Accueil des Demandeurs d’Asile), tous les jours il arrive 2 personnes d’Afrique sur St Etienne.
Evolutions du nombre de passages à l’accueil de jour de Renaître à St Etienne :
-  1999 -> 5 613
-  2004 -> 19 858
-  2008 -> 53 147 dont 70% de demandeurs d’asile.
Une remarque : on calcule toujours les personnes qui arrivent et ont ne prend jamais en compte celles qui repartent.
En hiver la « mise à l’abri » est assurée nuit par nuit. Chaque jour les familles sont informées de l’endroit où elles vont dormir. Hors période hivernale il n’y a pas de rupture d’hébergement.
Il est proposé de rencontrer la responsable de la veille sociale assurée par Renaître.

Sur le DALO (Loi sur le Droit au Logement Opposable) :
Il y a peu d’interpellation de la préfecture sur le DALO. Nous avons peu d’information sur comment ça fonctionne concrètement, comment monter un dossier ? Quelles associations pourraient aider les personnes à monter un dossier ? Il semble qu’ATD Quart Monde s’en charge un peu. Une des responsables du Secours catholique siège à la commission DALO.

Au sujet du réseau de réquisition citoyenne :
Il y a sur l’agglomération stéphanoise, contrairement à d’autres agglomérations, beaucoup de bâtiments et de logements vides alors que des personnes sont à la rue ou en squats « pourris ».
La réquisition citoyenne est faite pour réagir à l’urgence quand les institutions et pouvoirs publics interpellés refusent d’agir.
On réquisitionne des bâtiments vacants en bon état ne présentant pas de risques et de périls, qui peuvent être remis en route a très peu de frais, pour mettre à l’abri les personnes à la rue. La gestion du lieu doit respecter des règles acceptées par les occupants. Ce sont les associations qui réquisitionnent qui en prennent l’entière responsabilité et non les familles et personnes qui sont ainsi mises à l’abri. Il s’agit non pas de se substituer aux pouvoirs publics et institutions, mais de prendre nos responsabilités devant des situations humainement intolérables et d’interpeller ces institutions et pouvoirs publics en montrant que des solutions sont parfaitement possibles, de mettre publiquement et spectaculairement le doigt sur cette situation choquante d’immeubles vides alors que des familles sont à la rue. Des immeubles réquisitionnés peuvent tout à fait par la suite être aménagés en hébergements ou logements d’urgence : par exemple l’immeuble de Méon, réquisitionné il y a un an pour mettre à l’abri des rroms roumains, pourrait maintenant être aménagé par la ville de St Etienne en logement d’accueil pour ces familles.
Ce réseau est un réseau souple capable de réagir en urgence.

Une information est donnée sur la situation du squat de rroms roumains rue des armuriers. Il y a actuellement 97 personnes, des familles avec enfants et des célibataires. La situation en matière d’hygiène et avec le voisinage est mauvaise. Toutes ces familles vont s’en doute être expulsées dans la prochaine période. Pour l’instant ni la préfecture, ni la ville de St Etienne proposent une autre solution d’hébergement. Elles risquent donc d’être à nouveau mises à la rue.

Décisions :

-   Organiser des rencontres avec les syndicats : Mme Bogossian contacte Marc Souveton qui avait accepté de s’en charger lors de la première rencontre.

-   Concrétiser les contacts avec :

  • le Secours catholique et le Secours populaire (Michel Rachet s’en charge) ;
  • l’AMOS 42, association qui regroupe les organismes HLM, (François Brunet s’en charge) ;
  • les groupes d’élus : un courrier a été envoyé par Marcel Gaillard.

-   Accueillir si possible la caravane du DAL mi septembre. Cette caravane des mal logés part de Clermont Ferrand avec des étapes envisagées à Lyon, Grenoble, Bourg en Bresse, Dijon, Besançon, Belfort, Mulhouse, avant de repartir vers le Nord et peut-être la Normandie. Son objectif : faire avancer le principe du droit au logement pour tous, alerter les populations, les élus des différentes collectivités concernées, les administrations de l’Etat, les bailleurs sociaux,… sur l’aggravation catastrophique de la situation du logement, porter des propositions de solutions.
Nous pourrions autour de l’accueil de cette caravane organiser des débats, donner de l’information, interpeller les institutions, organiser une manifestation de rue …
Georges Günther se charge de prendre contact avec le DAL.

Une date a été prise pour la prochaine rencontre :
Jeudi 3 septembre à 18H à la Bourse du Travail

Poster un message

Warning: Illegal string offset 'nom' in /var/www/vhosts/droits-sociaux.fr/httpdocs/ecrire/balise/formulaire_forum.php on line 145 Warning: Illegal string offset 'email' in /var/www/vhosts/droits-sociaux.fr/httpdocs/ecrire/balise/formulaire_forum.php on line 146
modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

Création mcr-consultants, squelettes sous license GPL. Site réalisé avec SPIP