[Portail pour l’accès aux droits sociaux]

L’accès aux droits oublié ou bafoué

La démocratie participative : une des bouffées d’oxygène dans cette asphyxie.

samedi 18 avril 2009 - Catherine du groupe Stop Misère

Texte lu lors de la présentation du dossier annuel de la MRIE le 30 mars 2009 à Lyon.

On constate un revirement de situation et un rejet des responsabilités de chacun dans le mauvais fonctionnement des administrations et particulièrement dans l’accès aux droits.
Il y a une remise en cause des droits fondamentaux. La devise de notre pays, c’est la liberté, l’égalité et la fraternité. On semble bien loin de ces valeurs pour certaines catégories sociales.
Pour nous , l’accès aux soins est complètement remis en question, surtout pour les personnes aux revenus modestes !
Pourtant l’’Assurance Maladie s’est construite depuis 1945 sur trois principes fondamentaux : l’égalité d’accès aux soins, la qualité des soins et la solidarité.

Quand une avance financière est engagée auprès des professionnels de la santé, les délais de remboursement sont de 6 à 8 semaines, ce qui est insupportable pour la plupart d’entre nous, vu nos maigres budgets.

Deux faits précis :
1 - « Je me suis rendu à la CPAM pour savoir si on pouvait traiter des feuilles de soins en urgence, car pour nous, c’est l’asphyxie. Une responsable m’a répondu qu’il fallait que je me rende chez des médecins équipés du boîtier pour la carte vitale et qu’au lieu d’être en colère contre la Sécu, je devrais plutôt m’en prendre au médecin qui roule en Mercedes sur mon dos. » _ Nous, usagers, on se retrouve « otage » d’un système qui fonctionne mal.
2 – Il y a eu prescription médicale de port de lentilles thérapeutiques pour un enfant : or la CMU prend en charge seulement les lunettes !!...

Mais la Sécu n’est pas la seule administration qui fonctionne mal.
Les trop-perçus réclamés car les dossiers n’ont pas été traités à temps mettent des familles en difficulté.
En général, les institutions ne traitent pas les dossiers en temps réel et les répercussions en sont catastrophiques : retard de versement d’indemnités journalières, retard dans les dossiers Assedic… Cela n’est pas sans incidence sur les plus précaires (frais bancaires, rejet de paiement des banques, etc…)
Ça, c’est la réalité quotidienne et non plus celle des pauvres seulement.

Nous sommes comme des funambules ; on avance mais au moindre obstacle on peut tomber et difficilement se relever.

Derrière les chiffres et statistiques se cachent des êtres humains.
Les inégalités vont grandissantes et un sentiment d’injustice et de frustration est apparu.
Il y aurait encore beaucoup à dire concernant l’information sur les droits, la constitution des dossiers, et notre épuisement face aux administrations qui perdent les dossiers, puis les retrouvent...
Les inégalités face aux droits sont criantes : à revenus égaux (une personne percevant le RMI et une travaillant à temps partiel), les droits sont différents, c’est pas juste !
Il existe un seuil de pauvreté et les droits ne sont pas calculés sur cette base : pour une demande d’aide facultative, on vous répond que vous avez trop. Nos enfants ont besoin de s’épanouir à travers des activités sportives et de loisir.
Demander de l’aide, c’est difficile… Se mettre à nu et voir ses comptes épluchés dans les moindres détails, c’est humiliant. Quand l’assistante sociale vous demande « votre budget alimentation est de combien tous les mois ? » on répond « ça dépend de ce qui reste ! ».
C’est une gymnastique économique, il faut être de bons gestionnaires pour gérer notre petite entreprise familiale avec aussi peu de moyens. Pourquoi les catégories « sans dérapage » doivent-elles accepter une telle maltraitance psychologique ? Catégorie « sans dérapage » , c’est une nouvelle catégorie sociale qu’on a inventé, celle des familles qui font face avec dignité, malgré la baisse régulière de leur pouvoir d’achat. Nous, on se fout de savoir à quelle classe économique on appartient. Nous, on ne veut pas vivre au-dessus de nos moyens, on veut simplement vivre et ne plus survivre !
Nous aussi, on veut se sacrifier avec 20 000 € par mois ; nous ne voulons pas être une offrande à la crise. C’est difficile d’appartenir à la classe précaire, c’est une lutte quotidienne. Nous ne voulons ni compassion, ni complaisance. Nous refusons d’être victime de la société. Nous voulons travailler, mettre nos compétences et nos savoir- faire au service de la société Etre diminué financièrement ne fait pas de nous des êtres diminués intellectuellement !

Parallèlement, il existe des bouffées d’oxygène dans cette asphyxie . La démocratie participative en est une.
Une démarche originale est menée au Centre Social Teisseire-Malherbe à Grenoble depuis 7 ans. La démarche participative n’est pas une activité de loisir. C’est un réveil citoyen, c’est une conscience collective . Nous œuvrons ensemble pour une transformation du quotidien. Les clefs de la réussite sont les résultats. La démarche participative, c’est partager le pouvoir, c’est travailler ensemble habitants, professionnels et élus/responsables d’institutions, pour agir ensemble. C’est changer les codes conventionnels d’une société qui ne correspondent plus à la réalité. On nous classifie, on nous met dans des cases dans lesquelles on ne se reconnaît pas. Etre dans la démarche participative, c’est appartenir à la société. C’est encore la transformation de soi et des autres.

Nos Propositions :
-  Créer des espaces citoyens, dans des structures existantes (centres sociaux, antennes-mairie) sous forme de permanence où on serait informé de nos droits, des démarches à suivre et accompagné dans la constitution des dossiers.
-  Suppression ou gratuité des n° 08…….., n° 39… pour appeler les administrations.
-  Les institutions et les administrations doivent être plus rapides et plus réactives sur le traitement des dossiers
-  Faire connaître le mauvais fonctionnement des administrations par un affichage public (soit sur des panneaux publics, des journaux ou des bricks de lait…)
-  Evaluer plus justement les plafonds du niveau du coût de la vie (des personnes à temps partiels, des RMISTES , des salariés smicards)
-  Former par des citoyens experts les élus à travailler avec les habitants
-  Créer des instances d’expressions nouvelles ou alternatives de co-décisions entre élus/institutions/habitants
-  Reconnaître la légitimité d’une expertise citoyenne concernant certains problèmes sociaux par les élus et les institutions
-  Créer un groupe de travail au niveau de la région pour construire et légitimer un statut de citoyen expert

Catherine qui participe au groupe Stop Misère de Grenoble

Pour contacter le groupe Stop Misère de Teisseire-Malherbes de Grenoble :
stop.misère@yahoo.fr ou Catherine Di Leo : melusine1995@yahoo.fr

Pour prendre connaissance des autres textes de groupes d’habitants lus lors de la présentation du dossier annuel de la MRIE voir la rubrique :
"Paroles de groupes d’habitants lors de la présentation du rapport annuel de la MRIE le 30 mars 2009"

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