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Si la jeunesse a réussi à s’unir autour d’un objectif commun, celui de détruire le CPE, alors pourquoi ne pas se solidariser pour construire un projet commun.

samedi 1er avril 2006 - Aïda Bensaad

Si la jeunesse a réussi à se mobiliser, s’unir autour d’un objectif commun, celui de détruire le CPE, alors pourquoi ne pas se solidariser pour construire un projet commun.

Le mouvement anti-CPE a connu depuis ces derniers jours, de multiples rebondissements et les revendications des jeunes, relayées par les syndicats, n’ont pas été prises à la lettre par le gouvernement. Ce dernier refuse catégoriquement tout retrait du CPE mais accepte toutefois, d’opérer des aménagements dans la loi sur l’égalité des chances, et plus particulièrement sur les dispositions litigieuses.

La crise que connaît actuellement la société française, la révolte exprimée par la jeunesse nous conduit à faire le constat suivant : notre démocratie représentative est en crise, sa remise en cause est indéniable. En effet, le pouvoir exécutif n’est plus à l’écoute des gouvernés. Un véritable fossé sépare les besoins et attentes des citoyens et la politique menée par le gouvernement. Ceci va de même du parlement, sensé représenter et véhiculer la volonté du peuple. C’est donc la légitimité populaire de ces organes politiques qui est remise en cause.

Malgré tout, même si le pouvoir exécutif a opté pour la promulgation de la loi sur l’égalité des chances contenant les dispositions sensibles, il a tout de même suspendu l’application de ce texte et demandé au parlement d’opérer les aménagements qui s’imposent. Bien que l’impact de ce mouvement contestataire sur le contenu de cette réforme s’est avéré minime, elle nous apporte la preuve que l’opinion public est capable de s’unir, sans distinction quelconque, et de se mobiliser pour combattre un ennemi commun. Les jeunes ont su faire preuve, depuis plusieurs semaines, d’une grande persévérance et de résistance. A aucun moment, le mouvement ne s’est essoufflé, au contraire, il n’a fait que s’amplifier davantage et a même reçu le soutien de l’opinion publique.

Alors une question m’est venue à l’esprit : si la jeunesse de France a réussi à se mobiliser, s’unir autour d’un objectif commun, celui de détruire le CPE, générateur de précarité, alors pourquoi ne pas se solidariser pour construire un projet commun. J’entends par projet, un travail de réflexion qui tendrait à définir un socle de droits fondamentaux qui soient propres à tout individu, sans distinction d’origine, de statut social, de parcours scolaire, qualifié ou non. Ces droits seront dès lors inaliénables et absolus, ils devront garantir à tout un chacun, une dignité et une sécurité de vie. Il serait intéressant d’impliquer et d’associer les universitaires à ce projet social de grande envergure, afin qu’il soit fiable, viable et cohérent. Il faut savoir que certaines universités ont dors et déjà entrepris cette réflexion, et il est important de poursuivre et d’étendre cette initiative à toutes les universités. A travers ce mouvement anti-CPE, une forme de démocratie participative est en train de se mettre en place, c’est peut -être l’aspect positif que nous pouvons tirer de cette réforme.

Force est de constater que ce travail de réflexion et de construction nécessite au préalable que nous repensons nos relations citoyennes et notre conception du vivre ensemble. Pour ce faire, il me semble, que ce projet aura nécessairement pour objectif de mettre en lumière les valeurs qui prévaudront dans notre société. Ces valeurs sont celles qui tendent vers une restauration du lien social, une valorisation des compétences et des savoirs faire ayant une utilité sociale et pas seulement économique. Car notre société actuelle se caractérise par un système exigeant toujours plus de rentabilité, de productivité de la part des individus. Le système capitaliste fait de l’homme, une machine, ou guère moins, car on prend bien plus soin des machines de l’entreprise que des employés. Pis encore, parfois, lorsqu’un employeur décide de délocaliser son entreprise à l’étranger, ce sont les individus que l’on « jette » et surtout pas les machines. Si l’employé est traité de la sorte depuis des décennies, alors quel sera le statut du salarié,si le CPE venait à s’appliquer ? La compétiton,toujours plus rude, qu’instaure ce CPE, ne risque-t-elle pas d’envenimer nos relations citoyennes ?

Aïda Bensaad

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