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Ce 17 octobre, des centaines de personnes à Saint Etienne, 20 000 au Trocadéro.

L’occasion d’affirmer et de montrer que des nouvelles voies sont ouvertes pour la lutte contre la grande pauvreté.

lundi 22 octobre 2007 - Georges Günther

Ce 17 octobre 20 000 personnes se sont rassemblées à Paris au Trocadéro. Des rassemblements ont eu lieu dans le monde entier. 150 000 engagements récoltés en France sur la déclaration de solidarité « Refuser la misère, un chemin vers la paix » ont été remis au secrétaire général de l’ONU et au président de la république.
A Saint Etienne il n’y avait jamais eu autant de monde. Une sorte de palier à été franchi. Beaucoup de monde l’après midi sur la place Jean Jaurès pour participer aux animations, des dizaines d’enfants, près d’un millier de personnes à la marche, de la bourse du travail à la place Jean Jaurès et le film « Quand tu descendra du ciel » a fait salle comble.

Voir ci-dessous :
-  Les photos de la journée (Marie Pierre Vincent, Myette, Tuntulita Covaci et Joël Dupuis),
-  Des témoignages sur les difficultés d’accès au travail et des textes écrits par des enfants de l’amicale laïque de Beaubrun. Tous ont été lus place Jean Jaurès.
-  Le message lu par Eugen Brand, délégué général du mouvement international ATD Quart Monde, au Trocadéro. Ce message a également été lu à Saint Etienne par Martine, Muriel et Mauricette.
-  En documents à télécharger, deux cahiers des résistances rédigés à Saint Etienne.

Cette journée qui donne la parole aux personnes qui subissent la grande pauvreté est l’occasion de rappeler que l’ont ne pourra éradiquer la misère sans une alliance entre les très pauvres et les autres parce que la misère est un grave problème de société dont la solution ne peut venir que de la mobilisation de toute la société.
C’est aussi l’occasion de reposer autrement la question sociale, de réfléchir à façon de s’y prendre, de mieux y voir clair sur ce à quoi nous avons affaire. Parce qu’au lieu de reculer ces 25 dernières années la misère et les inégalités ont explosées chez nous et partout dans le monde, alors que jamais l’humanité n’a produit autant de richesses. Le développement économique et la croissance qui alimentent une grave crise écologique, alimentent aussi les inégalités et la pauvreté, détruisent des millions d’êtres humains. Comment refonder l’action sociale ? Nous en reparlerons.
Du côté du président de la république et du gouvernement, beaucoup d’annonces et de belles paroles : discours de Nicolas Sarkozy devant le Conseil Economique et Social, annonce d’un « grenelle de l’insertion » avec l’objectif de faire chuter la pauvreté d’un tiers en cinq ans. Les associations ont refusé de signer un texte d’engagement sur cet objectif proposé par Martin Hirsch. Il est vrai que les premières mesures fiscales du gouvernement (bouclier fiscal, exonérations des droits de succession) prennent le chemin inverse (voir : Ce 17 octobre 2007, vingtième anniversaire de la journée mondiale du refus de la misère le paragraphe "Sont en cause des politiques qui visent à défendre les intérêts économiques et financiers des puissants de la planète et des grandes multinationale qui se gavent."). Et le vote prochain d’une nouvelle franchise pour les consultations médicales ne risque pas d’arranger la situation. Nous en reparlerons aussi.
Georges Günther

Paroles des enfants du centre de loisir de l’amicale la¨que de Beaubrun :

La pauvreté
La pauvreté c’est des gens qui n’ont pas de sous (d’argent), de maison, à manger, à boire, pas trop d’habits. Ce n’est pas bien de se moquer d’eux. Ils n’ont pas de travail. Ils sont sans papiers. Pour combattre la pauvreté, il faut tous les aider, par exemple dans les pays pauvres, la Roumanie, l’Afrique, la Chine... et dans les villes. Exemples aussi Haïti, Darfour, Kosovo. Et le ramadan il sert à quoi ? A partager la souffrance des pauvres pour voir le mal des autres et pour comprendre.
Sofia 8 ans

La misère c’est la guerre. La bas c’est l’enfer. Ici on vit bien, on a de la chance et on est riche. La misère ce sont les enfants soldats en Afrique et les enfants esclaves en Inde.
Erduan 8 ans

Le programme que je propose pour lutter contre la misère :
Moi si j’étais élu, je mettrais en place des lois en faveur des pauvres, car il est honteux pour notre pays qui est riche d’avoir autant de misère :
-   J’obligerais les riches à aider les pauvres, des sans papiers à aller à l’école et aussi de trouver les moyens pour qu’ils aient un toit.
-   Il faudrait aider les enfants des pauvres, des sans papiers à aller à l’école et aussi de trouver les moyens pour qu’ils aient un toit.

Je pense que tout cela est possible si tout le monde pouvait donner du sien.
-   Je créerais un impôt pour les entreprises comme Auchan, Casino, et qui soit en faveur des plus démunis.
-   Il faudrait que les enfants des pauvres aient le droit d’accéder aux loisirs et à la culture comme tout le monde.
-   Il faudrait qu’il y ait des prix moins cher pour la nourriture, le chauffage, l’eau et l’électricité.
-   Le transport devra être gratuit.

Etre pauvre n’est pas un choix mais une fatalité et c’est pour ça qu’il faut qu’on pense à eux, qu’on les soutienne et qu’on ne les laisse pas mourir dans leur misère.
Nabil, 10 ans.

Message d’Eugen Brand, Délégué général du Mouvement International ATD Quart Monde
Message également lu à Saint Etienne par par Martine, Muriel et Mauricette.

Le 17 octobre 1987, ici même,
à l’endroit où fut signée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, l’histoire des très pauvres s’est inscrite dans l’histoire de l’humanité.
Ce jour là, le père Joseph Wresinski fit graver un Appel sur une dalle de ce parvis.
Il invitait tous les hommes à retrouver leur humanité commune
et à s’unir avec les victimes de « la faim, l’ignorance et la violence ».

Nous répondons aujourd’hui à cet Appel mûri en terre d’humiliation et de souffrance.
En effet, c’est dans la boue d’une ancienne décharge, aux portes de Paris, que Joseph Wresinski a créé une alliance entre les très pauvres et les autres,
au nom de leur humanité commune et de leur égale dignité.

Il était convaincu que les uns ne se libéreraient pas de leur révolte, sans que les autres ne se libèrent de leur aveuglement. Convaincu que, face au mépris qu’une société peut reproduire d’une génération à l’autre,
cette alliance s’imposait.

En ce 17 Octobre 2007,
dans nos têtes et dans nos cœurs se bousculent les noms d’hommes et de femmes, d’enfants et de jeunes, de familles, qui nous ont précédés,
qui n’en pouvaient plus de la honte,
de ces regards qui les traversaient, comme s’ils étaient transparents.
Le chant qui nous porte ce soir nous unit à leur espérance.
Les voix qui nous rejoignent depuis 141 pays, à travers la Déclaration de Solidarité : « Refuser la misère, un chemin vers la paix »,font apparaître dans la lumière cette chaîne immense de personnes qui luttent pour la justice et appellent à la fraternité.
Chaîne humaine dans laquelle, vous les enfants, vous les jeunes, vous êtes devant.

Et parce qu’il est devenu possible de dépasser la peur,
de se regarder dans les yeux, d’unir nos voix,
de s’asseoir autour de la même table,
de comprendre nos histoires personnelles et collectives,
une intelligence nouvelle a jailli.
La paix devient possible.
L’égale dignité remplace l’humiliation,
le croisement des savoirs chasse l’ignorance,
l’engagement l’emporte sur le fatalisme.

Mais, restons vigilants ! L’actualité nous y oblige : « Les Droits de l’Homme sont violés ».
Dans tous nos pays, des personnes, des familles, des communautés sont déplacées, forcées à l’exil, chassées et privées de tout.
Les forts continuent à décider à la place des faibles, sous prétexte de les protéger.
Les sécurités s’accumulent pour les uns, au prix d’une totale insécurité pour les autres.

Les stratégies politiques qui visent une réduction du nombre des pauvres de 10, 30 ou 50% portent le danger d’une logique redoutable d’écrémage et de résignation. Elles risquent de nous détourner du but essentiel
qui est l’accès de tous, sans exception, aux droits fondamentaux de tous.

Osons agir !
Face au changement climatique,
osons agir pour que l’écologie et le développement durable se pensent avec celles et ceux, qui sont obligés d’aménager leur vie dans les lieux les plus dégradés, obligés de s’ingénier à gérer au compte-goutte les ressources communes que sont l’eau, l’électricité ou le bois.

Face à la globalisation de l’économie,
osons agir avec celles et ceux qui sont obligés de réorganiser leurs journées comme leurs nuits, en permanence, pour affronter des situations de chômage, de petits boulots ou d’inutilité imposée.

Dans ce monde passionné de communication,
osons faire place à celles et ceux qui marchent de longues heures pour prendre nouvelles des autres, remplis de cette certitude que pour sortir de la misère, il faut communiquer et partager le savoir.

Face aux conflits qui ensanglantent la terre,
osons apprendre de celles et ceux qui, violentés par une vie insupportable, portent en eux une paix que le monde ne connaît pas, une paix bâtie à l’épreuve du pardon.

Soyons convaincus que par ce partenariat
la pensée de notre temps,
les données de la vie politique,
l’esprit des institutions et des lois,
la vie des confessions religieuses
se ressourceront et se transformeront en profondeur.

« S’unir est un devoir sacré »
Donnons-nous les moyens de ce défi !
Créons, dans tous les espaces culturels, politiques et spirituels, des lieux, où des citoyens en grande pauvreté et d’autres acteurs peuvent faire ensemble, dans la durée, l’apprentissage et l’exercice de cette responsabilité de « s’unir » pour inventer une culture qui est rencontre du meilleur de chaque personne, de chaque peuple et « qui deviendra l’Histoire même des Hommes ».

En ce 17 Octobre 2007,
Nous réaffirmons, avec les artisans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, notre engagement pour un monde, « où chacun est libre de penser et de croire, libéré de la misère et de la terreur ».
Nous réaffirmons, avec tous les acteurs de la Déclaration de Solidarité, notre responsabilité pour « un monde riche de tout son monde ».
Nous réaffirmons, avec les mots de Joseph Wresinski, notre passion pour « un monde où la justice et le cœur seront enfin réconciliés ».

Témoignages d’un groupe d’ATD Quart sur les difficultés d’accès au travail. Ce groupe à travaillé pendant 3 ans sur la question du travail.

Rose : « Lorsqu’on est embauché en intérim et que c’est sur une longue durée, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas embauche définitive ? » André : « On trouve injuste de ne pas être mieux payés alors qu’on a acquis plus d’expérience et qu’on fait un métier plus compliqué »

Daniel : « Le travail c’est souvent pénible mais c’est indispensable pour vivre ».

Muriel : « J’ai énormément bataillé pour arriver à trouver du travail, j’avais auparavant travaillé beaucoup d’années mais j’ai galéré longtemps ensuite à en chercher, ça a duré mais je voulais vraiment travailler, ne pas rester chez moi. Comme ça a été dur pour y arriver ! Mais ça y est j’ai enfin un travail qui devrait être stable, c’est un contrat pour l’instant ».

Martine : « On m’a appelée pour du travail, je me suis présentée après m’être mise « sur mon 31 », j’ai bien vu que le Directeur a fait une drôle de tête en me voyant, j’ai tout de suite compris qu’il ne me recruterait pas ».

A.N.P.E.

Nordine : « Nous sommes déçus lorsqu’une annonce est affichée à l’A.N.P.E. et que l’emploi correspondant est déjà pourvu ». Josiane : « J’ai réussi mon diplôme d’assistante de vie au prix de sacrifices financiers. Je souhaitais le passer car c’est un métier qui me convient vraiment et pour cela j’ai dû interrompre mon travail. J’ai suivi une formation longue et difficile, j’ai réussi. Je fais des remplacements avec des périodes sans rien mais je souhaiterais avoir un travail stable ».

Rose : « J’ai vécu des années de grosse « galère » depuis mon enfance, j’ai été écartée malgré moi du milieu scolaire. Mon rêve c’était d’avoir un diplôme accroché un jour au mur de ma chambre. Je voulais être reconnue au même titre que les autres. J’ai osé, même étant adulte, franchir les portes de l’école. J’y suis allée tous les après-midi pendant 7 mois et j’ai réussi avec la mention « très bien » le Certificat de Formation Générale.

TRANSPORT :

Nordine : « Quand on est travailleur handicapé ou pas mais qu’on « touche » un salaire de misère, il devrait y avoir automatiquement des aides pour le transport et qu’on ne soit pas toujours obligés de réclamer nos droits »

Daniel : « Il est difficile d’accepter un emploi quand il est situé loin du lieu d’habitation parce que ça pose des problèmes d’horaires et d’argent.

Claudette : « Moi, ça me coûte cher : 37 euros par mois, pour faire des ménages à différents endroits de la ville ».

André : « Si je n’ai pas le car de 18h, il faut attendre longtemps pour avoir le suivant ».

Daniel : « Si on fait très peu d’heures, on travaille pour la gloire, le niveau des salaires n’est pas suffisant à 25h ».

Rose : « Ce n’est pas l’aumône qu’on attend mais un vrai boulot »

Daniel : « J’ai 14 euros pour vivre par jour. Mais je préfère travailler car moralement je me sens mieux et aussi surtout j’ai un peu plus d’argent pour vivre ».

« Lorsque l’hiver arrive c’est dur de penser qu’il va falloir aller aux Restos du Cœur, oui mais l’hiver fini qu’est-ce qu’on fait ? Ne mange t-on que l’hiver ? ». « La misère c’est d’être tout le temps entrain de calculer pour vivre ».

André : « Je travaille dans la même entreprise depuis 32 ans sans être reconnu à ma juste valeur car je suis toujours payé au SMIC ». « A la retraite, on n’est pas sûr de pouvoir continuer à habiter dans le même logement à cause du manque de revenus ».

TRAVAILLEURS HANDICAPES :

Marius : « On se demande si le travailleur handicapé est considéré comme tous les autres travailleurs, son salaire ne lui permet pas de trouver un logement, d’obtenir des prêts, il se trouve donc pénalisé. Lorsqu’il le peut, il préfère cacher son handicap pour trouver du travail !! ».

Rose : « La nouvelle loi, elle devait aider les handicapés à vivre, à vivre ou à mourir ? Pour mon Allocation Adultes Handicapés, je touchais 600 euros et maintenant : 400. On m’a expliqué que c’est parce que ma fille a eu 20 ans, mais elle ne touche encore rien et pendant ce temps, il faut bien vivre ».

SANTE :

Nicole Châteauvieux : « On me refuse la CMU parce que je dépasse de quelques euros le plafond. Comment fait-on quand on a des problèmes sérieux de santé et qu’on ne peut pas se faire soigner, passer des examens médicaux parce que ça coûte trop cher et qu’on ne peut pas prendre une mutuelle ? ».

« Nous faisons des démarches pour trouver du travail, un logement. Certains s’engagent mais on trouve que cela n’avance pas assez, et vous ? »

Martine : « Et pourtant, depuis 1998, la loi contre l’exclusion est fondée sur l’égale dignité et les droits fondamentaux POUR TOUS ! ».

TOUS ENSEMBLE : « Là où les hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés, s’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ».

Témoignage de Martine
"J’ai été exclue du travail pendant de nombreuses années vu mon âge, vue ausi l’AAH qui me faisait non prioritaire. J’ai rejoint ATD Quart Monde où j’ai trouvé un collectif. Seule j’étais top timide et aussi anti conformiste et ça me bloquait.
J’ai été heureuse de célébrer le 17 octobre, ça m’a ouverte aux problèmes des autres et à leurs démarches dont je suis devenu solidaire. J’ai découvert aussi la richesse qu’était chaque personne, jeune ou vieille."

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