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Ce 17 octobre 2007, vingtième anniversaire de la journée mondiale du refus de la misère

mardi 16 octobre 2007 -

Le programme à Saint Etienne, les émissions dans les médias, quelques chiffres pour un petit état des lieux et un zoom sur des mesures qui accentuent la misère et les inégalités.

Ce 17 octobre 2007, est le vingtième anniversaire de la journée mondiale du refus de la misère.

Voici le programme à Saint Etienne, avec notamment une marche qui débutera à 18H devant la bourse du travail en direction de la place Jean Jaurès.

10H- 18H
Animation place jean Jaurès : atelier d’expression,atelier maquillage, spectacles (musiques, marionnettes), lâcher de ballons.
18H marche silencieuse départ Bourse du travail à place Jean Jaurès.
18H30 prises de paroles place Jean Jaurès
19H30 buffet amicale laïque de Chapelon
20H45 projection débat au Méliès « Quand tu descendras du ciel » réalisé par Eric Guirado (film sur les arrêtés anti mendicité)

Pour voir ce qui se déroulera à Paris et dans les grandes villes en France [1]
Voir aussi le site de la Journée mondiale du refus de la misère
Voir également le très beau site du mouvement ATD Quart Monde  : http://www.atd-quartmonde.org
Vous avez en document à télécharger en fin de texte l’ensemble des émissions dans les médias pour ce 17 octobre

L’objectif de la journée du 17 octobre :

Le 17 octobre 1987, à l’initiative du père Joseph Wresinski fondateur du mouvement ATD Quart Monde, 100 000 personnes de tous milieux et de tous les continents se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro à Paris.
Il s’agissait de mettre en avant une autre façon de lutter contre la misère qui s’appui sur l’implication, la parole et les résistances des personnes qui en sont victimes. Un combat efficace pour éradiquer la misère ne peut qu’être le fruit des résistances, de l’intervention dans le débat et les politiques publiques des plus démunis alliés avec d’autres, de tous milieux.Il s’agit de réhabiliter la parole, de promouvoir la citoyenneté des victimes de la pauvreté.
La journée du 17 octobre est donc l’occasion d’entendre la voix des personnes qui vivent dans la grande pauvreté, leurs résistances et aspirations et de s’interroger sur les engagements que tous nous pouvons prendre, comme citoyens, pour refuser et combattre la misère.

Une autre idée fondamentale a été mise en avant ce 17 octobre 1987 : la misère est une négation des droits de l’homme, des droits humains fondamentaux, qu’elle n’est pas fatale et peut être combattue et vaincue. Sur la dalle inaugurée le 17 octobre 1987 sur parvis des droits de l’homme au Trocadéro il est inscrit :
« Le 17 octobre 1987,
des défenseurs des droits de l’homme et du citoyens de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire.
Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés, s’unir pour le faire respecter est un devoir sacré.
 »

C’est aussi une journée internationale. Cette année à Paris le Trocadéro se transformera en village planétaire. Une vingtaine de pays seront au rendez vous.
Voir : http://www.oct17.org/-Evenement-international-Trocadero-.html

Une déclaration de solidarité a été lancée au niveau mondiale : « Refuser la misère un chemin vers la paix ». _ Ce sont des défenseurs des droits de l’homme, venus des quatre continents et de tous les milieux, réunis à Montréal en mai 2006 qui ont rédigés cette déclaration de solidarité.
L’objectif est de réunir un million de signatures au niveau mondial.
Déjà plus de 70 000 signatures ont été recueillies en France.
Toutes seront remises ce 17 octobre au Secrétaire Général des Nations Unies et au président de la république française pour les signatures venues de France.
Pour signer la déclaration de solidarité « Refuser la misère, un chemin vers la paix »

Déclaration à télécharger ci-dessous.

Vingt ans après ce premier 17 octobre les inégalités, les injustices, la pauvreté, ont explosé partout dans le monde. C’est la compétition entre les individus qui a pris le dessus sur les solidarités. Des richesses insolentes s’affichent devant des situations d’extrême précarité. En France, en Europe jamais autant de richesses n’ont été accumulés alors que la pauvreté s’aggrave.

Juste quelques chiffres pour un petit Etat des lieux :

En France les 10% des plus riches possèdent 45,8% de l’ensemble des richesse et les 5 % les plus fortunés en disposent de plus d’un tiers (32%), tandis que les 50 % les moins fortunés, en possèdent 7 % ! (Source : Insee. Année des données : 2004)
Ces énormes inégalités sont à la source de la reproduction sociale de génération en génération, et pourtant, on continue de réduire l’impôt sur l’héritage. Voir l’article du site Observatoire des inégalités

La France compte 3,7 millions de pauvres selon la définition la plus restrictive de la pauvreté...La définition de la pauvreté :  [2] et la fourchette suivant les calculs va jusqu’à 7,1 millions. La part de personnes pauvres est comprise entre 6,3 et 12,1 %. (voir le site de l’observatoire des inégalités et un intéressant dossier à l’occasion du 17 octobre avec de nombreux tableaux)

Toujours selon les chiffres publiés sur le site de l’Observatoire des inégalités (issus des donnés de la Cnaf-Direction des statistiques, des études et de la recherche), un peu plus de 3,5 millions de personnes étaient allocataires de minima sociaux fin 2005, en progression de 2,6 % par rapport à 2004. En comptabilisant les ayants droits (conjoints, enfants...), plus de 6 millions d’individus vivent d’une allocation de ce dispositif. Et les choses ne s’améliorent pas : de décembre 1990 à décembre 2005 (son point le plus haut), le nombre de titulaires du Revenu minimum d’insertion a plus que doublé, passant de 500 000 à 1,26 million (DOM compris) (http://www.inegalites.fr/spip.php ?article444&id_mot=76 )

28 % de la population ne peut se payer une semaine de vacances dans l’année, 8 % recevoir des amis ou de la famille. En 2004, 8% déclare avoir des découverts bancaires fréquents et 22,9% aucune épargne à disposition.
Toujours en 2004, 5,2% de la population dit, en raison de problèmes d’argent, avoir été dans l’impossibilité de payer à temps à plusieurs reprises, au cours des 12 derniers mois, des factures (électricité, gaz, téléphone...), le Loyer et charges (2,8%). 8,1% ne peuvent pas acheter des vêtements neufs pour des raisons financières et 29 % n’ont pas les moyens de remplacer des meubles. On ne meurt plus de faim (enfin presque) en France aujourd’hui, mais 2,8 % des Français indiquent ne pas avoir fait de repas complet pendant au moins une journée au cours des deux dernières semaines (voir l’observatoire des inégalités)
Et aujourd’hui avoir un travail ne met plus à l’abri de la pauvreté : 1,3 million d’actifs disposent de revenus inférieurs au seuil de pauvreté soit 645€ par mois. Et si certains travailleurs sont pauvres, c’est d’abord que certaines entreprises tirent les salaires vers le bas pour gonfler leurs profits vers le haut.

Voilà la situation dans l’un des pays les plus riche du monde.
La France est 8e pour la pauvreté humaine sur les 17 pays développés classés par le Programme des nations unies pour le développement (Pnud). Pas de quoi pavoiser.

Et dans le monde la pauvreté explose avec des inégalités dont l’ampleur est une insulte à l’humanité : 1,2 milliards de personnes vivent avec moins de 1$ par jour (20 % des habitants du monde) et 2,8 milliards avec moins de 2$. La proportion de pauvres continue d’augmenter en Afrique subsaharienne ainsi qu’en Europe centrale et de l’Est. (Source : Rapport mondial sur le développement 2005 - Pnud).
1% de la population la plus riche dispose d’un revenu égale à celui des 57% les plus pauvres ! Voir le site du CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde)

Comprendre qu’il n’y aucune fatalité la dedans, désigner les causes et nommer les responsabilités c’est aussi ouvrir des chemins pour d’autres possibles.

Sont en cause bien sûr les dépenses d’armement qui ont explosé avec la politique de guerre permanente menée par les grandes puissance mondiale (Irak, Palestine... et une préparation des esprits est en cours pour une opération sur l’Iran). Selon le CADTM estimées à 1000 milliards de dollars en 1990 et 1200 milliards de dollars en 2006, les dépenses militaires mondiales devraient atteindre 1500 milliards de dollars en 2007. Les Etats-Unis y consacrent plus de 500 milliards de dollars à eux seuls (voir CADTM).

Est en cause la dette qui étrangle toute une partie de l’humanité pour le plus grand profit des banques internationales. Toujours selon le CADTM, les PED (Pays En Développements) ont remboursé presque 10 fois ce qu’ils devaient en 1980, mais leur dette a été multipliée par presque 5. Leur dette était de 540 milliards de $ en 1980, ils ont remboursé 2600 milliards de $ entre 1980 et 2004 et leur dette était de 2 600 milliards de dollars en 2004 ! Résistance, le journal du refus de la misère, donne l’information que les pays du Sud ont versés à ceux du Nord pour le remboursement de leurs dettes sept fois plus d’argent que le Nord au Sud pour l’aide publique au développement. Voir sur toute ces question le site du CADTM qui donne une foule d’information en particulier « La dette en chiffres »

Sont en cause des politiques qui visent à défendre les intérêts économiques et financiers des puissants de la planète et des grandes multinationale qui se gavent.
En France les entreprises du CAC 40 annoncent à nouveau des profits records en 2006 et ce sont les actionnaires qui empochent toujours plus.
Voici l’information que donne le journal Le Figaro du 16 octobre 2007 : « En moyenne, les 40 stars de la cote parisienne se proposent de leur verser 35 % de plus qu’il y a un an. Cet effort s’appuie sur les bons résultats réalisés en 2006. L’an dernier, les 40 poids lourds français ont dégagé ensemble un bénéfice net de 91 milliards d’euros, soit 15 % de mieux qu’en 2005. Jamais ces sociétés n’avaient gagné autant d’argent, ni dégagé une telle rentabilité. En un an, leur marge nette est montée à 8 % du chiffre d’affaires, contre 7,8 % en 2005. (...) au-delà, les projets qui seront soumis aux prochaines assemblées générales montrent une volonté de modifier le partage classique des profits, en distribuant aux actionnaires une part de plus en plus massive des richesses dégagées. L’an dernier, les groupes du CAC avaient déjà consacré 42 % de leurs résultats aux dividendes et aux rachats d’actions, ne conservant que 58 % pour investir et se désendetter, selon les pointages de la " Lettre Vernimmen ". Cette année, le mouvement va s’amplifier ». Gaz de France, entreprise encore publique, a décidé de donné la priorité aux actionnaires. L’entreprise a réalisé en 2006 un bénéfice record de 2,3 milliards d’euros, en hausse de 29 % et son président, veut donner la priorité aux actionnaires et augmenter leurs dividendes de 62 % (information parue dans le journal Les Echos du 14/03/2007). De quoi expliquer bien des choses sur le coût du chauffage et tant pis pour les 9% de français qui déclare ne plus avoir les moyens de se chauffer correctement.

Et les choix politiques affichés et mis en oeuvre par le gouvernement français n’arrangent rien à l’affaire.
Si la mal nommée TVA sociale a été mise en sourdine, plusieurs autres mesures ne visent qu’à favoriser la couche de la population la plus fortunée.
Le “bouclier fiscal” a été abaissé à 50%. Il s’agit de torpiller l’ISF, impôt sur la fortune. A partir de 2008, les impôts directs payés par un contribuable ne pourront être supérieurs à 50% de ses revenus au lieu de 60% actuellement. Ainsi 1 000 contribuables dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront chacun d’une baisse d’impôt sur le revenu de 270 000 euros. Une vrai aubaine.
Coût total de cette mesure pour le contribuable : 810 millions d’euros, à peu de chose près ce que vont rapporter les futures franchises sur les dépenses de santé.
La ministre de l’économie a reconnu à l’Assemblée nationale la véritable portée du texte : "On entend souvent dire que cette mesure ne concernerait que la partie la plus riche de la population, mais n’est-ce pas celle qui fait tourner l’économie ?", a-t-elle déclaré !
Le coût de la modification du bouclier fiscal est équivalent à ce que va rapporter la franchise de soins (montant minimum non remboursé) qui portera sur l’ensemble des ménages, quels que soient leurs revenus. (Voir Observatoire des inégalités. Voir aussi : le site des Réseaux citoyens « Une réforme fiscale au profit des plus riches et du capital » )
L’exonération des droits de succession :
Les droits de succession au profit du conjoint survivant et du partenaire « pacsé » sont supprimés. L’abattement personnel applicable pour les successions est porté de 50.000 à 150.000 euros. Pour les donations, il sera possible de léguer 150.000 euros par enfant tous les six ans en franchise d’impôt. Et les dons en numéraires sont exonérés de droits de mutations jusqu’à 20.000 euros.
Contrairement à ce qui a été dit par Sarkozy, 90% des successions entre conjoints et 80% de parents à enfants ne sont pas imposables aujourd’hui en France. Cette mesure ne concerne donc pas les petits et moyens patrimoines.
(voir « Une réforme fiscale au profit des plus riches et du capital »
Christine Lagarde, estime le coût de ces mesures à 2,2 milliards d’euros (successions et donations). Une évaluation a minima. Mais cela représente 3,7 fois le budget des zones d’éducation prioritaires, un quart de l’ensemble du budget de l’enseignement supérieur (université, IUT, grandes écoles, etc.), de quoi construire 18 000 logements sociaux.

Quant aux parachutes dorés ils ne seront pas interdits mais encadré.

Dans le même temps une franchise de 50 centimes d’euros est prévue sur l’achat de chaque boîte de médicaments et sur chaque acte paramédical (infirmières, kinésithérapeute, orthophoniste, orthoptiste, podologue). Pour les transports par ambulance, elle s’élèvera à 2 euros ». Cette franchise est individuelle et n’est pas fonction du revenu. Les bénéficiaires de la CMU et de l’Aide Médicale d’Etat en seraient. Un plafond global annuel par assuré social de 50 euros sera institué, « pour protéger les plus malades » selon le ministère de la santé. Elle sera non remboursable par les mutuelles, ou remboursable en partie mais les mutuelles seront alors pénalisées financièrement. Elle sera modulable en fonction du niveau du déficit de l’Assurance maladie, histoire de se laisser les marges nécessaires pour de futures augmentations.
Coût pour les assurés en 2008 : 1,5 milliards d’euros pour les assurés.
Elle devrait être mise en place à partir du 1er janvier 2008, intégrée dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2008 examiné en première lecture à l’Assemblée nationale du 23 au 26 octobre 2007.
Après le forfait de 1 euros sur les consultations médicales cela va augmenter directement le cout des soins et indirectement par l’augmentation induite des cotisations des mutuelles pour ceux qui pourront encore s’en offrir. (voir : http://sarkoups.free.fr )
Une mesure particulièrement grave pour le plus faibles, mais pleine de perspective pour le marché des assurances.

Comment s’attaquer à la misère aux inégalités sans mettre en causes toutes ces mesures qui construisent une société de l’argent pour celles et ceux qui ont déjà beaucoup d’argent ?
Il est aussi nécessaire de parler de tout cela avec les plus pauvres, pour aider sur ce plan là aussi à construire des résistances et des alternatives.

Georges Günther

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Tract programme ST Etienne verso Tract programme ST Etienne verso PDF 251.7 ko
LA DECLARATION DE SOLIDARITE LA DECLARATION DE SOLIDARITE PDF 189.4 ko

[1] Les six fédérations syndicales qui avaient d’abord choisi la date du 17 octobre pour peser sur l’avenir du régime spécial de retraite de la SNCF décalent leur mouvement au 18“ au regard des sentiments de solidarité et de convergence ” avec la Journée mondiale du refus de la misère.

[2] Un individu ou (un ménage) est considéré comme pauvre quand son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé habituellement à 50 % du niveau de vie médian en France, tandis qu’Eurostat (organisme européen) privilégie le seuil de 60 %. Le niveau de vie médian coupe la population en deux : autant gagne moins, autant gagne davantage

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